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L’IMPACT DES RESEAUX SOCIAUX SUR LA JEUNESSE AFRICAINE

Le célèbre dicton affirme qu’on est jeune de 7 à 77 ans. En dehors de cet intervalle, la vie n’est plus sensée être intéressante.
Partout dans le monde et en Afrique en particulier, le dynamisme, la joie de vivre et l’insouciance qui caractérisent la jeunesse se joue dans la première moitié de l’intervalle. C’est cette tranche de la population qui est d’ailleurs la plus présente sur les réseaux sociaux. Selon les statistiques, 32% des utilisateurs de Facebook est âgée de 25 à 34 ans, 25% est âgée de 18 à 24 ans et 36% des utilisateurs ont plus de 35 ans (1). Une population encore plus jeune pour Tiktok, et une composition différente pour les autres réseaux sociaux.
Echanger des messages, poster des photos, s’exprimer sur tous les sujets tabous, être entendu et reconnu, se créer une existence virtuelle permet ainsi d’échapper à la réalité morose du quotidien pour la plupart.
Les réseaux sociaux démontrent ainsi ce besoin naturel de l’être humain d’être apprécié par ses semblables, en donnant l’opportunité de modifier sur le plan virtuel, les détails imparfaits de la réalité.
                                         

UNE GENERATION NOMBRE DE VUES

Très vite, c’est facile pour les jeunes africains en proie au chômage, l’oisiveté et l’ennui de tomber dans toutes sortes de dérives face à cet outil puissant dont ils ne maîtrisent pas encore les rouages. L’addiction est forte surtout face aux modèles de réussite offerts par les réseaux sociaux. Une nouvelle voie semble offerte, plus facile, et plus agréable d’échapper à la pauvreté en augmentant ses nombres de vue par tous les moyens. De nouveaux métiers, tel que influenceur des réseaux sociaux voient le jour, des coach de vie qui distribuent leur expertise aux abonnés de plus en plus friands et admiratifs. A l’affût du buzz, entre l’information et la désinformation, beaucoup se retrouvent prêts à tout pour augmenter le nombre de likes ou de vues sur leurs comptes, explosant ainsi le score d’une génération « nombre de vues ».
Le deal est parfait, loin, très loin des sentiers battus de l’école et de l’éducation classique qui ne semble plus porter ses fruits.

INSTRUMENT A DOUBLE TRANCHANT

Et pourtant, les réseaux sociaux ont le mérite d’avoir des avantages certains pour ceux qui savent en tirer intelligemment parti. Comme tout outil de communication, certains africains ont réussi à l’apprivoiser et se l’approprier pour en faire de véritables centres commerciaux, bureaux d’étude, écoles et cabinets de consultation virtuels. L’art du maniement de ces instruments à doubles tranchants est défini par les règles de confidentialité et la limite de la vie privée que s’imposent les internautes.
Pour l’heure, la perspective certaine d’une utilisation croissante des réseaux sociaux à l’ère du numérique devrait pousser les africains à prendre de l’avance. Il serait utopique de rejeter complètement leur utilisation au risque de se trouver déconnecté de la réalité, mais comprendre les risques d’une utilisation abusive et non orientée serait une bonne chose. La meilleure chose encore serait de viser plus haut pour comprendre les motivations des créateurs de ces réseaux sociaux, et s’orienter vers des filières de la technologie de l’information et de la communication pour mettre sur pied des réseaux sociaux à l’image de leur éthique, leur culture et leurs besoins de développement.
Que dire en bref, un pas peut être vers des réseaux sociaux responsables de l’Afrique ?

(1) https://www.meltwater.com/fr/blog/statistiques-facebook

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